Re: parking
Par artists - Le 04 Juillet à 11h
Les Vieilles Charrues creusent leur sillon depuis plus de 20 ans !!
En 1992 une poignée de copains a jeté les bases de ce qui allait devenir l’un des plus grands festivals européens : une petite kermesse sans aucune prétention musicale, mais dès le départ bourrée de sous-entendus avec son jeu de mots agraire en forme de défi à tous ceux qui n’avaient alors d’yeux que pour les vieux gréements de Brest. 20 ans de labeur plus tard, ce sont plus de 242 000 spectateurs qui viennent vibrer chaque été au cœur de la Bretagne, des bénévoles par milliers, des salariés le temps de l’événement et à l’année, des projets en pagaille et au-delà, une incroyable revanche sur le destin et la désertification qui menaçait la région centre bretonne.
Tout a donc commencé par une kermesse au bord de l’eau, avec très peu de musique et beaucoup de bonne franquette, des grillades (de bison, tout de même !) et des jeux incroyables, tels le lancer de botte (« gauche, pointure 42 ») ou l’inévitable « tirer de charrues ». Organisée à Landeleau, près de Carhaix, la première mouture réunit quelque 500 convives, principalement des potes de potes. Un succès tel qu’il est décidé l’année suivante de réitérer l’expérience et d’ouvrir à un public plus large, d’inviter des fanfares et même d’enfoncer le clou côté parallèle brestois : un port est reconstitué en eau douce, avec son phare et son café. 2000 personnes y accostent. Plus question de s’arrêter ! Les copains et les parents viennent prêter main forte pour la logistique. En 94, le thème choisi (clin d’œil à la situation économique préoccupante du Centre Bretagne) est le désert. En plus des animations proposées, un concert « digne de ce nom » (avec scène et sono) est organisé. 5000 personnes se pressent dans l’oasis pour profiter d’une journée dépaysante (courses de chameaux !) et applaudir, entre autres, Dolly & Co ou les Satellites. Le succès est énorme et l’association, un peu dépassée par les événements, songe qu’il faudrait peut être, pour la prochaine fois, penser à prendre une sécurité (faute d’avoir eu l’idée plus tôt, le programmateur sera obligé de dormir toute la nuit sur la scène pour surveiller le matériel !). Il devient risqué d’avoir autant de monde au bord de l’eau, le site semble soudain exigu... Conclusion : il faut déménager.

La municipalité de Carhaix, toute proche, propose alors son champ en plein centre ville. Bien sympa tout ça, mais pour le "tirer de charrues", les choses risquent d'être plus difficile sur le bitume. Il est donc impératif de trouver de nouvelles attractions. La musique, jusque là simple ingrédient de la fête, arrive en force : 3 jours de concerts sont programmés. Après le choix d'un nom irrévérencieux, une nouvelle exigence se dessine, utopiste de premier abord, toujours dans l'auto-dérision et teintée d'un zeste de provocation malicieuse : "pourquoi toujours devoir faire des bornes pour aller voir les stars, désormais elles viendront à nous ! ". La kermesse se réoriente clairement en un festival et une poignée de rescapés d'un autre festival breton (Tamaris) vient prêter main forte à l'équipe déja en place. D'ores et déjà l'éclectisme prévaut. Il en faut pour tous les goûts, toutes les générations et toutes les bourses: Blues Brothers, Silencers et Ar Re Yaouank (première édition urbaine en 95) offre une douzaune d'artistes pour 30 francs la soirée. Le succès est de nouveau au rendez-vous et l'affiche prend de l'ampleur l'année suivante (Lavillers, Le Forestier, Zebda, Franck Black ou Miossec). En 97, onze artistes sont annoncés (Nougaro, Birkin, LKJ, Simple Minds et James Brown en tête d'affiche. Cette édition explosive aura un tel retentissement que le festival devra à nouveau déménager.

En 98, le site de Kerampuilh, avec sa forme d'amphithéâtre naturel et ses nombreux hectares de champ, s'impose de lui même comme le décor idéal. Durant un mois, en amont du festival, une véritable ville y voit le jour, avec ses quartiers, ses règles de vie et ses kilomètres de cables. Tout prend de l'ampleur soudain ! Après avoir hésité longtemps entre 3 et 4 jours de festivals, les laboureurs ont fini par se prononcer pour l'option la plus longue, en ouvrant la grande scène dès le Jeudi soir. Une formule aprouvée depuis la venue de Johnny Hallyday qui permet de sortir du cadre horaire plus strict des autres journées.

Avec ce retour à la verdure et le développement d’un camping gratuit, un nouveau rituel s’instaure : à la joie de venir faire la fête entre potes, s’ajoute le plaisir de pouvoir rester plongés dans l’univers du festival 4 jours durant, sans avoir à quitter le site. L’aventure attire bien sûr une majorité de 18/25 ans mais on voit aussi des familles entières, toutes générations confondues, comme aux premiers jours. Au fil du temps, l’ambiance bon enfant et l’affiche éclectique des Vieilles Charrues ont réussi à séduire toutes les populations. Chacun y trouve son compte. Les tribus au look chamarré et des retraités paisibles, cohabitent avec le même sourire. En une journée, le site accueille autant de spectateurs que le champ de foire en trois jours : 50 000 personnes (la jauge idéale pour laisser au public un certain confort). Côté organisation, de nombreux professionnels sont à l’oeuvre ainsi qu’une légion de bénévoles fidèles au poste : buvettes, restauration, consignes, billetterie, campings, nettoyage, accueil artistes... Ces « laboureurs » de la première heure, d’année en année, sont passés d’une centaine à plus de 5200.

Derrière les Vieilles Charrues, c'est tout un territoire, toute une population, qui a décidé de se retrousser les manches pour montrer aux habitants des pays du COB (Centre Ouest Bretagne) que des choses étaient encore possibles dans cette Bretagne intérieure que d'aucun disait moribonde et sans avenir. Avec le festival des Vieilles Charrues, c'est un événement culturel qui rend possible une expérience d'économie solidaire. Grâce à l'effort de tous, près de 240 000 personnes sont accueillies à Carhaix chaque été. Ce succès assure la bonne santé économique de l'association qui s'autofinance à plus de 99%. Les bénéfices complémentaires sont en partie redistribuées aux associations qui œuvrent bénévolement à la réussite du festival, contribuant ainsi à leur fonctionnement et au rôle prépondérant que tient le secteur associatif dans le tissu économique et social de notre région. Le reste est utilisé par les Vieilles Charrues pour 2 types de projet : Un travail de développement culturel à l'échelle du COB et de la Bretagne par les Jeunes Charrues ou le nouveau projet de centre de valorisation et de formation des Vieilles Charrues. Des projets structurants sur le territoire du COB. Les Vieilles Charrues ont ainsi aidé à l'implantation du lycée Diwan à Carhaix, à la rénovation du château de Kerampuilh à l'émergence d'un équipement multimodal complémentaire du centre culturel existant à Carhaix: l'Espace Glenmor. Cette dynamique insufflée par le festival est perceptible dans la vie locale où l'envie d'entreprendre est forte. Mais il reste beaucoup de travail à accomplir avant de parvenir à implanter solidement un nouveau développement synonyme d'emploi et d'avenir pour les jeunes centre-bretons. L'association les Vieilles Charrues doit continuer à aller de l'avant dans ses activités culturelles, pour continuer à être l'un des moteurs de son territoire, sans jamais oublier que l'économie d'un festival de plein air est fragile et que cela peut s'arrêter bien plus rapidement que ça ne s'est construit.
Par artists - Le 04 Juillet à 11h
Par stacymp - Le 01 Juillet à 15h
Par teqpaff - Le 01 Juillet à 14h
Par dime82 - Le 01 Juillet à 12h
Par dime82 - Le 01 Juillet à 09h
Par trouduc - Le 01 Juillet à 09h